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C'est facile de râler, moi je râle tout les jours moi!
C'est moins facile de se mobiliser, sauf si l'on est plusieurs à râler bien sûr. Moi je suis tout seul lors des mes manifs (dans mon salon), alors du coup, j'ai peu de résultats, et aucun écho dans la presse.
C'est encore moins facile d'expliquer pourquoi on râle. Paradoxalement, j'ai l'impression que c'est pire quand on est plusieurs. Moi par exemple, je trouve que des pâtes à tout les repas, c'est pas top; mais ma copine elle, c'est parce que c'est toujours des macaronis qu'elle râle (faut qu'on trouve un consensus durant notre prochaine AG). Mais finalement, ce qui semble être le plus plus plus dur, c'est de proposer. Proposer quoi? ben des solutions, des alternatives, des trucs quoi! Moi j'en ai marre des pâtes, mais je sais pas trop quoi proposer en remplacement, j'ai pas assez d'argent pour acheter autre chose (Et si je proposer plus d'argent?). Julie, elle, elle propose des spaghettis, en plus des macaronis (c'est déjà ça).

Je ne manifeste pas, je n'ai pas de tribune libre dans la presse, je n'ai personne à mobiliser autour de moi, et c'est tant mieux, parce que je ne saurai pas quoi dire.
Mais vous, présidents d'universités, responsables de labos et d'UFRs, chercheurs au CNRS, ATER, Allocataires, délégués des syndicats, vous qu'on entends, qu'on lit, qu'on voit, vous qui dans l'ensemble expliquez plutôt bien pourquoi cette réforme n'est pas une bonne chose....vous proposez quoi?
Vous pourriez monter un site internet, une liste de diffusion, utiliser les milliers d'adresses mails des étudiants (je remercie la doctorante d'histoire d'avoir utiliser la liste de diffusion de l'Ecole Doctorale à laquelle j'appartiens pour nous informer des motions de l'AG, et autres..), bref, trouver un moyen de faire circuler vos idées sur ce que devrait être la réforme indispensable de l'Université.
Vous, les garants du savoir et de la production intellectuelle sous toutes ses formes, nos maîtres à penser (je le pense sincèrement, beaucoup de mes profs à Nanterre sont pour moi des référents, si ce n'est des modèles, dans bien des domaines), vous qui savez depuis quelques années que la réforme est nécessaire, qu'elle nous pends au nez, que les prépas aux concours allaient radicalement changer pour se "caler" au reste de l'Europe (j'ai dis le monde?) et plus simplement à la réforme LMD; vous avez bien eu l'occasion d'y réfléchir? D'avancer des hypothèses sur ce que l'Université devrait vraiment être, aujourd'hui et demain?

Je pense sincèrement avoir le droit de vous interroger sur ce point, je pense même que vous nous devez, à nous, étudiants, la franchise de nous faire part de vos propositions, au delà de la simple opposition à la réforme actuelle.
Penser c'est dire non, où en est donc votre pensée?

Guillaume, modeste doctorant en Géographie Humaine.