mercredi 3 février 2010

Le gros dossier...

Je ne suis pas encore mort, mais en ce moment je suis sur un gros dossier qui ressemble à s'y méprendre à ça:


On verra si je repasse un de ces 4 par ici, mais ne vous attendez pas à des trucs de ouf, je ne dessine plus du tout.

jeudi 12 février 2009

Quand on entends ce qu'on entends, qu'on voit ce qu'on voit, et qu'on lit ce qu'on lit....

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C'est facile de râler, moi je râle tout les jours moi!
C'est moins facile de se mobiliser, sauf si l'on est plusieurs à râler bien sûr. Moi je suis tout seul lors des mes manifs (dans mon salon), alors du coup, j'ai peu de résultats, et aucun écho dans la presse.
C'est encore moins facile d'expliquer pourquoi on râle. Paradoxalement, j'ai l'impression que c'est pire quand on est plusieurs. Moi par exemple, je trouve que des pâtes à tout les repas, c'est pas top; mais ma copine elle, c'est parce que c'est toujours des macaronis qu'elle râle (faut qu'on trouve un consensus durant notre prochaine AG). Mais finalement, ce qui semble être le plus plus plus dur, c'est de proposer. Proposer quoi? ben des solutions, des alternatives, des trucs quoi! Moi j'en ai marre des pâtes, mais je sais pas trop quoi proposer en remplacement, j'ai pas assez d'argent pour acheter autre chose (Et si je proposer plus d'argent?). Julie, elle, elle propose des spaghettis, en plus des macaronis (c'est déjà ça).

Je ne manifeste pas, je n'ai pas de tribune libre dans la presse, je n'ai personne à mobiliser autour de moi, et c'est tant mieux, parce que je ne saurai pas quoi dire.
Mais vous, présidents d'universités, responsables de labos et d'UFRs, chercheurs au CNRS, ATER, Allocataires, délégués des syndicats, vous qu'on entends, qu'on lit, qu'on voit, vous qui dans l'ensemble expliquez plutôt bien pourquoi cette réforme n'est pas une bonne chose....vous proposez quoi?
Vous pourriez monter un site internet, une liste de diffusion, utiliser les milliers d'adresses mails des étudiants (je remercie la doctorante d'histoire d'avoir utiliser la liste de diffusion de l'Ecole Doctorale à laquelle j'appartiens pour nous informer des motions de l'AG, et autres..), bref, trouver un moyen de faire circuler vos idées sur ce que devrait être la réforme indispensable de l'Université.
Vous, les garants du savoir et de la production intellectuelle sous toutes ses formes, nos maîtres à penser (je le pense sincèrement, beaucoup de mes profs à Nanterre sont pour moi des référents, si ce n'est des modèles, dans bien des domaines), vous qui savez depuis quelques années que la réforme est nécessaire, qu'elle nous pends au nez, que les prépas aux concours allaient radicalement changer pour se "caler" au reste de l'Europe (j'ai dis le monde?) et plus simplement à la réforme LMD; vous avez bien eu l'occasion d'y réfléchir? D'avancer des hypothèses sur ce que l'Université devrait vraiment être, aujourd'hui et demain?

Je pense sincèrement avoir le droit de vous interroger sur ce point, je pense même que vous nous devez, à nous, étudiants, la franchise de nous faire part de vos propositions, au delà de la simple opposition à la réforme actuelle.
Penser c'est dire non, où en est donc votre pensée?

Guillaume, modeste doctorant en Géographie Humaine.

samedi 1 décembre 2007

Histoire de Djibouti (d'il y a super longtemps à quelques années)

On trouve très peu de données historiques précises sur l’histoire précoloniale ; cela dit, on peut affirmer que sa situation a amené Djibouti à devenir au cours des siècles un lieu de passage très fréquenté en même temps qu’une voie d’invasion favorable.

On peut remonter à la période égyptienne pré dynastique (>3500 avant J.C) pour aborder les explorations de la Mer Rouge (les égyptiens s’approvisionnaient au pays de Pount). Il est certain que sa situation de charnière entre l’Afrique et l’Asie a amené cette région à être un lieu de passage fréquenté par les Egyptiens, les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Arabes et enfin les Européens (en résumé, toutes les grandes civilisations du bassin méditerranéen).
Mais c’est l’arrivée de la France qui voit le pays prendre son importance stratégique. Lorsque la France prend pied à Djibouti, les droits de souveraineté; détenus par la Turquie, sont sur le point d’être cédés à l’Egypte (Djibouti, qui est à l’époque qu’un ensemble de petits sultanats, appartient théoriquement à la Turquie, même si cette dernière ni exerce aucun véritable droit). La prise de possession devient officielle en 1862. Henri Lambert, consul à Aden, négocie avec le sultan de Raheita, de Tadjourah et de Goubaad la concession de la côte d’Obock en 1859 (le traité sera effectif le 11 mars 1862, Henri Lambert aura entre temps été assassiné). Mais ce n’est qu’après le percement du canal de Suez que les Français prennent conscience de l’intérêt que représente cette acquisition (jusqu’alors, Obock n’est rien de plus qu’une escale vers Madagascar et l’Extreme-Orient). La naissance de la colonie est donc une naissance commerciale, et pas militaire. Ce n’est qu’à partir des années 1880 que l’administration coloniale va prendre le relais des « commerçants ».

Le comte Léonce Lagarde est nommé en 1884 gouverneur de la colonie d’Obock (officiellement « Territoire d’Obock »). Nouant des contacts et des amitiés avec les sultans Afars et les chefs Issas des rives sud du golfe de Tadjourah, Lagarde récupère leurs territoires, sous la protection de la France. Il faut dire que les Britanniques, première puissance coloniale à s’intéresser réellement à cette région (prise d’Aden en 1839), virent les Français d’Aden (au Yémen), en 1883. Obock, alors capitale de la colonie, apparaît déjà comme dépassée. La rade est peu profonde et mal abritée, sa situation géographique n’en fait pas un débouché évident pour le commerce éthiopien (cf.carte), preuve que ces visées économiques ont toujours été une préoccupation.

Le Ras Djibouti est occupé dès 1888, et Obock est abandonnée (en temps que capitale) en 1892 en faveur de Djibouti. le 22 juillet 1898, l’appellation officielle du territoire devient alors « côte française des Somalis ». La ville n’est alors qu’un ensemble d’îlots et d’îles madréporiques désertiques. Mais sa rade permet aux navires de s’abriter, et la large nappe phréatique permet de se ravitailler en eau.

Partant du néant, Lagarde met en place les bases de l’infrastructure du port, en faisant l’un des mieux outillés de la côte orientale d’Afrique. Dès 1898, les travaux de la ligne de chemin de fer reliant Djibouti à Addis-Abeba annoncent les prémices de l’importance du corridor Ethiopie/Djibouti (je reviendrai plus tard sur l’histoire du chemin de fer). Les travaux du chemin de fer se terminent en 1917, consacrant Djibouti comme porte maritime de l’Ethiopie. La ville, peuplée par 5000habitants en 1895, en compte plus de 15.000 en 1900 (dont 2000 européens).

La ville se développe de plus en plus jusqu’au déclenchement de la seconde guerre mondiale. Le gouverneur souhaite rejoindre la France Libre, au contraire du reste des notables de la colonie, qui subira un terrible blocus jusqu’à la chute de l’Afrique Orientale Italienne. En 1946, la colonie reçoit le statut de T.O.M, et le Franc Djiboutien est créé en 1949, directement indexé sur le dollar (ce choix étant unique au regard du Franc CFA qui s’imposa partout ailleurs en Afrique française).

Le processus de décolonisation engagé par la France dans l’ensemble du continent africain en 1958, touche naturellement Djibouti, même s’il faut attendre le 19mars1967 pour voir l’organisation d’un référendum. Cette consultation, aux résultats contestés, aboutit à un changement de structures sans remettre en cause l’appartenance de Djibouti à l’ensemble français. La Côte Française des Somalis devient alors le Territoire Français des Afars et des Issas. Mais la voie vers l’indépendance est ouverte. Le nouveau référendum du 08mai 1977 aboutit à la proclamation d’indépendance deux mois plus tard (le 27juin 1977).

La petite République va vivoter dans sa première décennie d’indépendance, grâce à un port compétitif (les investissements français étant récents, le port est le plus compétitif de la région), et une économie de la rente singulière (puisque basée sur la perception de subsides français pour le maintien d’une base militaire, et non sur l’exportation de matières premières, inexistantes). Précisons que la présence militaire française est sans aucun doute ce qui a sauvé Djibouti des appétits de ses voisins éthiopiens et somaliens (cf. guerre de l’Ogaden). En 1992, une guerre civile éclate, opposant le régime au pouvoir de Hassan Gouled Aptidon au Front pour la Restauration de l'Unité et de la Démocratie (FRUD). Le conflit cessera en 1994, et une « paix des braves », sera signée en 1996. Ce conflit va plomber l’économie nationale avec la hausse massive des dépenses militaires (et de ce fait des dépenses de l’Etat), et creuser l’écart entre Afars et Somalis, déjà en but à de sérieuses dissensions (largement exploitées et amplifiées par l’administration coloniale).


En conclusion, et pour remercier tout les courageux lecteurs (vous êtes timbrés, ou alors vous faites de la géographie ?) citons une anecdote drolesque. Le siège de sénateur du Territoire des Afars et des Issas a subsisté jusqu'en 2004 (le siège était vacant hein), car aucune loi électorale n'avait pris en compte l'indépendance de Djibouti en 1977. En plus d’être amusante, cette anecdote illustre merveilleusement bien les relations de la France à l’égard de son ancienne colonie…ce « confetti d’empire »…

                                                       BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE


_ DUBOIS C., 1997, « Djibouti, 1888-1967, héritage ou frustration ? », Paris, l’Harmattan, 432p.
_ OBERLE P., HUGOT T., 1985, « histoire de Djibouti des origines à la République », Paris, Présence Africaine, 339p.
_ ROUAUD A., « Pour une histoire des Arabes à Djibouti ; 1896-1977 », la Corne d’Afrique dans tout ses Etats, Cahier d’Etudes Africaines, XXXVII (2), 146, p319-348, 1997.

lundi 28 mai 2007

M2 recherche (ex-DESS): LES PRIVATISATIONS A DJIBOUTI : Conséquences spatiales, recompositions sociales et repositionnement des pouvoirs publics

Extrait de l'introduction du mémoire soutenu en Juin 2006

Au lendemain de l’indépendance, en 1977, l’avenir de la nouvelle république de Djibouti paraissait fort incertain, entourée par des voisins belliqueux, dans une région en crise perpétuelle.

En plus d’une décennie, la république de Djibouti a su consolider son régime, renforcer sa position dans la région et trouver un certain équilibre international, malgré des bouleversements géopolitiques mondiaux et régionaux. Cette situation fut rendue possible par la présence française et les aides internationales, ainsi que par l’utilisation d’un port longtemps compétitif (et de son complément ferroviaire), base indispensable de l’économie nationale, ouvert sur l’Océan Indien riche de potentialités économiques.



En effet, la république de Djibouti est aussi une zone stratégique, située à la charnière de l’Afrique et de l’Asie, au débouché de la mer Rouge, et qui, par sa position géographique même, a une double vocation continentale et maritime.



Le port de Djibouti a su profiter de cette position stratégique pour s’affirmer dans la région tout entière et dans le monde comme point de passage privilégié du commerce maritime régional et international.



Cependant, la situation est loin d'être idyllique. Le pays est l'un des plus pauvres au monde, touché par une crise économique endémique, accentuée par un manque de ressources naturelles. Les investissements tardifs n'ont pas réussi à cacher la situation délicate du port; la ville est en proie à une grave crise urbaine, illustrant les lacunes en terme de politique urbaine et de gouvernance. La concurrence farouche de certains ports de la région, l’instabilité régionale croissante, des troubles intérieurs et une situation économique catastrophique contribuent obscurcir l'avenir de la petite République.



De plus, on s’interroge toujours sur les intérêts réels de Djibouti, et ce depuis les prémices de la colonisation. Ainsi, Djibouti est-elle une plate-forme de pénétration vers l’Ethiopie ? Un relais charbonnier, puis pétrolier vers l’Asie ? Ou une place franche entre le continent africain et la péninsule arabique ? On peut considérer que Djibouti fût tout cela tour à tour, mais sans jamais l’avoir été complètement.

Devant tous ces problèmes, Djibouti n'a d’autre choix que de réagir, pour revitaliser et développer son économie, mais aussi l'ensemble du pays. Le gouvernement affiche de grandes ambitions, comme celle de devenir la plate-forme économique de la région, lorgnant avec envie sur le parcours de Dubaï. Quoi de plus normal d'ailleurs pour Djibouti que de se tourner vers la "cité-entrepôt", en lui confiant la quasi-totalité de son économie ?

La concession de la gestion du port aux autorités portuaires de Dubaï, semble être la meilleure solution que Djibouti ait trouvé pour acquérir une expérience internationale et pour lutter à armes égales avec ses concurrents directs : Aden au Yémen et Salalah en République d’Oman.



Le port de Djibouti, principal atout économique du pays, est donc passé entre les mains d’une entreprise privée étrangère. Mais la privatisation de l'économie djiboutienne ne s'arrête pas là, puisque l'aéroport et le chemin de fer ont également été privatisés. Il ne reste guère plus, pour l’instant, à l'Etat djiboutien que les secteurs de l'énergie et des télécommunications.

De plus, Il convient de préciser, qu'un nouveau port, celui de Doralèh, est en train de voir le jour. Ce dernier est situé à plus de 10km de la ville de Djibouti, donc de la main d’œuvre, et du tissu d’entreprises existant (transporteurs,...).

La ville, auparavant tournée vers le nord, devra dorénavant composer avec un nouvel axe potentiellement structurant situé à l’Ouest, sans oublier la poussée urbaine vers le sud exercée depuis Balbala, gigantesque bidonville, reflet de l'échec et de l'impuissance du gouvernement. On est donc à même de s’interroger sur un certain nombre de points :

Quels sont les acteurs de la privatisation et quels sont leurs objectifs ? Quelles sont les conséquences de cette privatisation sur le tissu urbain et social de la ville ?

Quelle peuvent être maintenant la place et le rôle des pouvoirs publics, tant sur la ville que sur la société djiboutienne ? Est-ce que s’adresser au secteur privé est une réelle solution à la crise actuelle ? Allons-nous vers une économie à deux vitesses, avec d’un côté un îlot de prospérité avec des infrastructures performantes, une main d’œuvre qualifiée et des entreprises tournées vers l’exportation, et de l’autre côté une réalité économique globale inchangée ?

Pour la petite histoire, je me suis fait globalement bien cartonner, nous étions trois à pouvoir prétendre à une bourse de doctorat, avec 2 places à la clé, et je suis arrivé 3ème, avec un minable 14, bien mérité cela dit.